La maladie, qu'elle soit physique, psychique ou spirituelle, touche l'homme dans sa chair et dans son esprit, le confrontant à sa fragilité et à sa finitude. Dans la tradition catholique, la prière n'est pas une simple formule magique ni une demande de solution immédiate, mais une ouverture confiante à la volonté de Dieu, source de toute vie et de toute guérison. L'intercession, c'est-à-dire la prière pour autrui, est un acte de charité fraternelle qui puise sa force dans la communion des saints et dans la promesse du Christ : « Tout ce que vous demanderez avec foi par la prière, vous le recevrez » (Matthieu 21, 22). Ce recueil de prières et de réflexions vous accompagnera dans votre chemin de foi, que vous soyez malade, proche d'un malade, ou soignant. Chaque prière est une main tendue vers le Ciel, une respiration de l'âme qui reconnaît que notre véritable guérison est l'union avec Dieu, même au cœur de l'épreuve.
Vous venez d'entendre une phrase qui a tout changé, et vos mains ne savent plus quoi faire. Cette neuvaine est pour vous. Neuf jours, dix minutes chacun, pour confier à Dieu celui que vous aimez. Elle n'est pas un mode d'emploi de la guérison, ni une formule qui obligerait Dieu. Elle est un chemin simple, balisé, que des chrétiens parcourent depuis des siècles quand les mots manquent. Vous pouvez commencer ce soir, tel que vous êtes, sans rien préparer.
Neuf jours, ce n'est pas une invention récente. Les premiers chrétiens ont prié ainsi entre l'Ascension et la Pentecôte, attendant l'Esprit comme Jésus le leur avait demandé. De cette attente est née l'habitude de consacrer neuf journées à une intention, jusqu'à la neuvaine de funérailles qui accompagne les familles dans le deuil. Cette pratique vient de la piété des fidèles, pas de la liturgie de l'Église. Elle n'a rien d'obligatoire, et personne ne vous jugera si vous ne la faites pas.
Neuf n'est pas un nombre magique. Si vous sautez un jour, Dieu ne vous en tiendra pas rigueur. Si vous recommencez trois fois, cela ne change rien à son écoute. Ce qui compte, c'est la persévérance du cœur, le fait de revenir chaque jour déposer la même personne entre ses mains. Les neuf jours sont un cadre, une règle douce qui vous aide à tenir quand la peur vous disperserait. Le cadre sert la prière, il ne la remplace pas.
Vous pouvez commencer le jour même où le médecin a prononcé le mot que vous redoutiez. Ce soir, dans la voiture, avant de rentrer annoncer la nouvelle. Vous pouvez commencer la veille d'une opération, quand l'heure du bloc approche et que le sommeil ne vient pas. Après une rechute, quand tout semblait rentrer dans l'ordre. À l'entrée en soins palliatifs, quand on comprend que l'on change de route sans changer de but. Il n'y a pas de bon moment, il y a votre moment.
Mal commencer vaut mieux que ne pas commencer. Une prière dite trop vite, entre deux portes d'hôpital, compte. Une neuvaine commencée un mardi soir sans ferveur compte. Ne cherchez pas les conditions idéales, le calme parfait, la disposition intérieure réussie. Vous êtes peut-être épuisé, en colère, incrédule. Venez ainsi. Le début n'a pas besoin d'être beau. Il a seulement besoin d'exister, pour que les jours suivants aient un point d'appui.
Choisissez une heure et tenez-la. Le réveil du téléphone peut servir, ce n'est pas un manque de respect. Une bougie, si vous en avez une, aide à marquer que ce temps n'est pas comme les autres. Gardez le texte sous les yeux, sans culpabiliser de lire au lieu de réciter. Dix minutes suffisent. Si vous êtes dans une chambre d'hôpital, asseyez-vous près du lit, prenez la main, et priez là. Le couloir compte aussi, quand on vous demande de sortir pendant un soin.
Vous pouvez prier depuis une autre ville, un autre fuseau horaire, un pays étranger. La neuvaine ne demande pas la présence physique, elle demande la fidélité du cœur. Une fille qui prie à Montréal à l'heure où sa mère dort à Lyon est en communion avec elle. Convenez d'une heure commune si vous le pouvez, sinon non. L'important n'est pas la synchronisation des montres, mais le fait que quelqu'un, quelque part, porte cette personne chaque jour devant Dieu.
Pour prier au chevet : les prières de guérison et l'onction des malades.
Demandez la guérison, sans honte. L'Évangile est plein de malades qui demandent, et Jésus ne les reprend pas. Demandez aussi ce qui paraît plus petit: une nuit de sommeil, un médecin qui prend le temps d'écouter, une infirmière douce, de la compagnie à l'heure du repas. Demandez pour vous, qui portez la fatigue. Ces demandes modestes ne sont pas indignes de Dieu. Elles disent ce que vous vivez vraiment, et c'est cela qu'il attend de vous.
Cessez de négocier. Cessez de donner des ordres, de fixer des délais, de proposer des marchés. Dieu n'est pas un distributeur que l'on force avec assez d'insistance. Ne promettez rien non plus, ni pèlerinage, ni argent, ni conversion, comme si la guérison s'achetait. Vous pouvez dire votre désir sans condition. La prière de demande n'est pas un contrat. Elle est une confiance remise, chaque jour, entre des mains plus larges que les vôtres.
Si le malade le souhaite, appelez la paroisse pour l'onction des malades. N'attendez pas que l'aumônier de l'hôpital passe par hasard. Demandez au secrétariat, laissez un message, insistez poliment. Ce sacrement n'est pas celui des derniers instants, il est pour tous ceux dont la santé est gravement atteinte. La confession peut être proposée, sans pression, si la personne le désire. La communion peut être portée à la chambre, souvent chaque semaine, par un prêtre, un diacre ou un bénévole formé.
La neuvaine ne remplace ni les soins, ni les sacrements. Elle ne dispense pas des traitements, elle ne se substitue pas à la visite du prêtre. Elle accompagne, elle soutient, elle donne un rythme à votre prière. Les sacrements sont les signes que le Christ lui-même rejoint le malade. La neuvaine est votre veille, votre fidélité de chaque jour. Les deux se tiennent ensemble, sans se confondre. Demandez conseil au prêtre de la paroisse si vous ne savez pas comment faire.
Tenez la main. Cela suffit souvent. Parlez lentement, à voix basse, sans exiger de réponse. Dites le Notre Père à voix haute, même si la personne semble dormir. L'ouïe demeure souvent longtemps, et les mots connus rassurent. Laissez entrer les enfants si les soignants le permettent, avec leur simplicité qui fait du bien. N'ayez pas peur des silences. Un silence habité par une présence n'est pas un vide. Il est déjà une forme de prière partagée.
Si vous ne savez pas quoi dire, ne dites rien. Restez. La présence compte encore comme prière. Vous pouvez lire un psaume doucement, ou simplement nommer la personne devant Dieu, sans phrase. Certains jours, votre seule fidélité à venir sera votre prière. Ne vous sentez pas obligé de remplir chaque minute de paroles. La tendresse a son propre langage, et Dieu l'entend. Quand la personne parle encore, écoutez-la sans corriger, sans rassurer trop vite, sans détourner la conversation.
Les deux sacrements que l'Église donne aux malades sont expliqués ici : onction des malades.
Le dixième jour arrive, et rien n'a changé. Ne concluez pas que la prière n'a servi à rien. Demandez autre chose: la force pour la suite, la paix, un accompagnement qui tienne, la présence de ceux qu'il faut. L'accompagnement ne s'arrête pas avec la neuvaine. Vous pouvez recommencer, changer d'intention, prier autrement. Ce qui a été déposé pendant neuf jours n'est pas perdu. Rien de ce que vous avez confié n'est tombé dans le vide.
La souffrance du malade peut être unie à celle du Christ, non pas pour la justifier, mais pour qu'elle ne soit pas seule. Ce mystère reste dur, et personne ne peut l'expliquer à votre place. À Lourdes, les malades ont appris à demander d'abord la foi, la confiance, la force de porter leur croix, avant même la guérison. Beaucoup repartent sans être guéris et disent avoir reçu autre chose. Vous avez le droit d'espérer. Vous avez aussi le droit d'être fatigué, et de le dire à Dieu.
Si la personne pour qui vous priez est morte, les neuf jours prennent un autre sens : prière pour les défunts.
Seigneur, tu connais le nom de la personne pour qui je prie, et tu sais mieux que moi ce qui se passe en elle. Porte-la pendant ces neuf jours : que la douleur reste supportable, que la peur ne lui prenne pas le sommeil, et qu'il y ait quelqu'un à son chevet. Si c'est ta volonté, rends-lui la santé ; sinon, donne-lui la force pour la route qui l'attend. Et garde-moi fidèle à ses côtés, sans qu'elle se sente un poids. Par le Christ, notre Seigneur. Amen.
Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. Amen.
Texte écrit pour cette page comme prière de dévotion, ce n'est pas un texte du missel.
Pour le diagnostic tombé cette semaine et pour le médecin qui doit l'expliquer.
Pour une douleur supportable et pour une nuit de vrai sommeil.
Pour le moral du malade, qu'il ne s'éteigne pas.
Pour la famille qui tient, et pour ceux qui sont loin.
Pour les soignants : infirmières, aides-soignants, médecins, agents de service.
Pour l'opération, la chimiothérapie, le traitement inscrit au calendrier.
Pour la patience les jours où rien ne s'améliore.
Pour la foi de celui qui en a, et pour celui qui n'en a plus.
Pour accepter ce qui vient, et pour la paix dans cette maison.
Neuf jours, comme son nom l'indique. Neuf jours consécutifs, avec une intention fixe, portée chaque jour. Ce chiffre vient de l'attente des apôtres entre l'Ascension et la Pentecôte. Rien n'oblige à ce que ce soit exactement neuf, mais ce cadre aide à tenir. Si vous manquez un jour, vous pouvez continuer sans recommencer, ou reprendre simplement le lendemain.
Non, pas nécessairement. Vous pouvez porter cette intention seul, sans rien dire. Si la personne est croyante et le souhaite, dites-le lui, cela peut la soutenir. Si elle est trop fatiguée, ou peu croyante, gardez cela pour vous. La neuvaine n'exige pas l'accord du malade pour exister. Elle est votre prière, votre veille, votre manière de confier quelqu'un que vous aimez.
Oui. Il n'y a pas de jour réservé, pas de date à respecter. Vous pouvez commencer un lundi matin, un samedi soir, le jour d'un anniversaire ou d'un examen. L'Église ne fixe rien à ce sujet. Ce qui aide, c'est de choisir une heure stable pour les neuf jours. Le cadre est là pour vous soutenir, pas pour vous enfermer.
Non. Elle ne remplace ni les traitements, ni les consultations, ni les décisions médicales. Elle ne dispense pas non plus des sacrements. Elle accompagne, elle soutient, elle donne un rythme à votre prière. Si vous avez un doute sur un traitement, parlez-en au médecin, pas à la neuvaine. La prière et les soins ne s'opposent pas. Ils se tiennent ensemble, chacun à sa place.
Vous reprenez le lendemain, simplement. Rien n'est cassé. Dieu ne compte pas les jours manqués comme on compte les absences. Si l'oubli vous pèse, dites-le lui, et continuez. Certains préfèrent recommencer les neuf jours, d'autres non. Les deux sont possibles. Ce qui compte est de revenir, non de réussir parfaitement. La fidélité se mesure sur la durée, pas sur un calendrier sans faute.
Vous pouvez demander une intention de messe à son nom. La demande se fait en ligne en quelques minutes, l'offrande commence à 10 $ et le nom est lu à l'autel. Sans offrande, la demande passe quand même.
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