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Psaume 91 pour les malades : comment le prier sur un proche

La chambre est tiède, la lampe de chevet reste allumée, et vous tenez un livre ouvert à la page du Psaume 91. Votre mère dort mal, votre frère respire avec ce bruit que vous commencez à connaître, votre ami ne parle presque plus. Vous ne savez pas quoi faire de vos mains. Alors vous lisez, doucement, sans être sûr que cela serve à quelque chose. Le psaume ne vous demande pas d'être fort. Il vous donne des mots quand vous n'en avez plus, et il vous laisse assis là, à côté du lit, sans rien prouver.

Cet article ne remplace pas le médecin, ni la famille, ni le prêtre. Il veut seulement vous accompagner pendant ces heures où l'on ne sait plus très bien quoi dire. Vous y trouverez ce que le Psaume 91 dit de la maladie, sans promesse magique et sans culpabilité. Vous verrez ensuite comment le lire au chevet, verset par verset, à voix basse ou à voix haute, selon ce que la personne supporte. Puis il sera question du sacrement de l'onction, qui n'est pas la même chose qu'une dévotion, et de ces nuits où la guérison ne vient pas. Vous n'êtes pas seul à tenir ce livre.

1. Quand je me tiens sous l'abri du Très-Haut et repose à l'ombre du Puissant,
2. je dis au Seigneur : « Mon refuge, mon rempart, mon Dieu, dont je suis sûr ! »
9. Oui, le Seigneur est ton refuge ; tu as fait du Très-Haut ta forteresse.
10. Le malheur ne pourra te toucher, ni le danger, approcher de ta demeure :
14. « Puisqu'il s'attache à moi, je le délivre ; je le défends, car il connaît mon nom.
15. Il m'appelle, et moi, je lui réponds ; je suis avec lui dans son épreuve. Je veux le libérer, le glorifier,
16. de longs jours, je veux le rassasier, et je ferai qu'il voie mon salut. »

Vous pouvez poser ce livre maintenant. Respirez. Regardez la personne qui dort, la main posée sur le drap, ce souffle irrégulier que vous écoutez malgré vous. Dieu n'a pas besoin de votre éloquence, ni d'une prière bien construite. Une phrase suffit, même mal dite, même répétée dix fois : « Tu es avec moi. » Le reste peut attendre demain. Le psaume restera là, sur la table de nuit, ouvert à la même page, et vous aussi vous resterez là. C'est déjà une prière.

Ce que le Psaume 91 dit vraiment de la maladie

On imagine souvent que le Psaume 91 est un bouclier : on le récite et le mal recule. Ce n'est pas ce que le texte dit. Il parle d'un homme qui habite à l'ombre du Très-Haut, et qui traverse quand même la nuit. Les versets 9 et 10 disent que le malheur ne l'atteindra pas, mais ils ne suppriment pas la fièvre, ni les examens, ni la peur. Ils disent autre chose : sa demeure est en Dieu, pas dans la maladie. Le psaume ne décrit pas un corps toujours guéri. Il décrit une présence qui ne lâche pas. On le lit aussi dans les chambres où quelqu'un a peur.

Les versets 14 à 16 changent de voix. Ce n'est plus l'homme qui parle, c'est Dieu. « Puisqu'il s'est attaché à moi, je le délivrerai », dit-il, puis : « Je suis avec lui dans la détresse. » Cette phrase, au verset 15, est le cœur de tout. Dieu ne promet pas d'empêcher la détresse. Il promet d'y être. Le verset 16 ajoute qu'il le rassasiera de longs jours, et l'on entend là une espérance plus vaste que la seule santé du moment. Vous pouvez donc lire ce psaume sans rien exiger. Ce n'est pas une formule de guérison. C'est une parole que Dieu adresse lui-même au malade.

Comment le prier au chevet, pas à pas

Commencez par vous asseoir. Cela paraît banal, mais on prie mal debout dans un couloir, un téléphone à la main. Prenez le psaume dans votre propre livre ou sur votre écran, et lisez-le d'abord pour vous, à voix très basse, histoire d'entendre les mots avant de les donner. Puis demandez, si la personne peut répondre : « Je lis le Psaume 91, vous voulez ? » Certains disent oui et s'endorment au milieu. Ce n'est pas grave. D'autres préfèrent le silence, et il faut respecter cela aussi. Vous n'êtes pas là pour remplir la chambre de paroles. Vous êtes là pour une présence. Et si les mots vous manquent, sachez qu'il existe des prières pour demander la guérison ; elles se lisent à côté du psaume, sans garantie et sans pression.

Lisez lentement. Une phrase, puis une respiration. Vous pouvez commencer par les versets 1 et 2, ceux qui parlent de l'ombre et du refuge, puis aller directement au verset 15, celui où Dieu dit : « Je suis avec lui dans la détresse. » Répétez ce verset plusieurs fois, comme on pose une compresse. Si la personne somnole, continuez à voix basse, elle entend parfois encore. Terminez par un signe de croix sur le front, si elle le permet, ou simplement par une main posée sur la sienne. Avant de sortir, dites-lui que vous reviendrez demain, et que le psaume ne dépend pas de son état du jour.

Si vous voulez une prière à dire à voix haute, et pas seulement des versets à lire, prenez celle-ci. Elle reste dans les mots du psaume et n'ajoute rien que l'Église ne signerait pas.

1. Seigneur Jésus, tu as porté la maladie des hommes et tu n'as pas écarté ceux qui te demandaient de l'aide.
2. Je te confie la personne que j'aime, dans son lit, avec tout ce qui l'effraie cette nuit.
3. Sois son refuge là où elle ne peut pas fuir cette maladie, et son rempart là où elle n'a plus la force.
4. Envoie auprès d'elle ceux qui la soignent : les médecins, ceux qui la veillent, les amis.
5. Si tu veux la guérir, guéris-la. Si la guérison prend du temps, rends-la patiente et garde mon cœur ferme.
6. Ne la laisse pas seule dans cette chambre cette nuit, et change sa peur en confiance.
7. Amen.

Le sacrement qui va avec ce psaume

Il faut le dire clairement, parce que beaucoup de familles confondent : le Psaume 91 est une dévotion, l'onction des malades est un sacrement. Ce n'est pas le même ordre. Le psaume, vous pouvez le lire seul, à n'importe quelle heure, sans prêtre. Le sacrement, lui, est donné par un prêtre, avec de l'huile bénite, et l'Église s'appuie sur la lettre de Jacques : « Que celui qui est malade appelle les prêtres de l'Église, qu'ils prient sur lui et l'oignent d'huile. » Ce n'est pas un sacrement des derniers moments, même si on l'a longtemps appelé ainsi. L'Église l'administre aussi à des personnes qui vont se rétablir.

Alors, quand appeler ? Dès que la maladie est sérieuse, pas seulement à l'approche de la mort. Une chimiothérapie, une opération lourde, une hospitalisation qui dure, une personne âgée qui s'affaiblit : tout cela justifie qu'on demande le sacrement. Vous pouvez appeler la paroisse vous-même, sans attendre que le malade le fasse. Préparez la chambre, éteignez la télévision, laissez un peu de place autour du lit. Le prêtre viendra avec le Christ, et souvent la paix qui descend dans la pièce ne s'explique pas. Pour comprendre ce que l'Église entend par là, vous pouvez lire notre page sur l'onction donnée aux malades. Le psaume peut se prier avant ou après, il n'est pas remplacé.

Quand la guérison ne vient pas

Les semaines passent, les scanners se suivent, et la guérison ne vient pas. C'est là que le Psaume 91 devient difficile à lire, et c'est là qu'il devient précieux. Beaucoup de malades ont entendu, un jour, que s'ils croyaient assez fort, ils iraient mieux. C'est faux, et c'est cruel. Jésus n'a jamais dit que la maladie était un manque de foi. Il a guéri des gens, il en a laissé d'autres, et il a pleuré devant une tombe. Le psaume ne vous demande pas de fabriquer un miracle. Il vous demande de rester dans l'ombre du Très-Haut pendant que l'orage continue.

Que dire alors ? Dites ce qui est vrai. « Je ne comprends pas, et je reste là. » Vous pouvez prier pour la guérison, franchement, sans marchander : demander la guérison n'est pas un manque de confiance, c'est un enfant qui parle. Mais préparez-vous aussi à recevoir autre chose que ce que vous demandez. Une paix qui n'efface pas la douleur, une tendresse dans la chambre, des mains qui se tiennent. Il y a des textes faits pour ces heures-là, sans promesse et sans triomphe, que vous trouverez parmi les prières de consolation. Beaucoup de familles se tournent alors vers un saint patron pour veiller sur le malade. Et si la nuit est longue, revenez au verset 15. Dieu n'y dit pas : « Je le guéris. » Il dit : « Je suis avec lui. »

Questions fréquentes sur le Psaume 91 pour les malades

Le Psaume 91 promet-il que le malade guérira ?

Non. Le psaume parle de délivrance et de protection, mais il ne signe pas d'ordonnance. Il ne dit pas que le malade se lèvera demain. Il dit que Dieu est un refuge, et que sa fidélité accompagne celui qui souffre. Lire ce psaume comme une garantie de guérison, c'est le transformer en formule, et cela a blessé beaucoup de familles. Vous pouvez le prier avec confiance sans en faire une promesse. La guérison est une grâce, pas un dû.

Quels versets lire sur un malade ?

Les versets 9 et 10 parlent du malheur qui ne vous atteint pas, et ils rassurent. Le verset 14 dit que Dieu délivre celui qui s'attache à lui. Le verset 15 est le plus important : c'est Dieu qui parle, et il dit qu'il est avec lui dans la détresse. Le verset 16 ouvre sur les longs jours. Si vous devez n'en lire qu'un, prenez le 15. Il est court, il est direct, et il ne demande pas au malade de faire un effort.

Puis-je prier le Psaume 91 si le malade est inconscient ?

Oui. Vous priez alors dans la foi de l'Église, et cela n'a rien d'automatique ni de magique. Beaucoup de soignants racontent que la voix reste un repère, même quand la conscience semble absente. Lisez lentement, sans crier, en vous installant près de la tête du lit. Vous pouvez nommer la personne à voix basse et dire simplement : « Je suis là, et je lis. » Rien ne vous oblige à une heure précise. Avant ou après les soins, selon ce qui est possible.

Faut-il appeler un prêtre, ou le psaume suffit-il ?

Le psaume suffit pour prier. Il ne suffit pas quand l'Église offre un sacrement. Si la maladie est grave, ou si la personne s'affaiblit durablement, appelez le prêtre. L'onction des malades est un sacrement, avec l'huile bénite, et le psaume, lui, reste une dévotion. L'un ne remplace pas l'autre. Vous pouvez aussi demander au prêtre de venir même si le malade ne peut plus parler, et même si l'entourage n'est pas pratiquant. C'est souvent un moment de paix pour toute la famille.

Que dire quand le malade demande pourquoi Dieu ne le guérit pas ?

Vous pouvez dire que vous ne savez pas. C'est une vraie réponse. Ne cherchez pas une explication à la souffrance, vous n'en avez pas. Restez près de lui, laissez-le pleurer ou se taire. Vous pouvez répondre : « Je ne comprends pas, mais je suis avec vous, et Dieu est là aussi. » Ne lui dites jamais que c'est un manque de foi, ce serait faux et blessant. Vous pouvez nommer le mystère, et rester là sans le résoudre.

Puis-je prier le Psaume 91 pour moi, si c'est moi qui suis malade ?

Oui, et vous pouvez le lire sans l'aide de personne. Prenez-le le soir, à l'heure des Complies, quand la maison est silencieuse. Lisez une strophe, arrêtez-vous, respirez. Vous n'êtes pas obligé de ressentir quelque chose. Si le psaume est trop fort pour vous, commencez par le verset 15 seul, et gardez-le comme une phrase pour la journée. Votre fatigue ne gêne pas votre prière. Un malade qui répète maladroitement « Tu es avec moi » prie vraiment.

Quelles autres prières accompagner le Psaume 91 ?

Vous pouvez ajouter le De profundis, ou une dizaine de chapelet, ou simplement le Notre Père. Les psaumes de confiance, comme le 23 ou le 27, vont bien avec le 91. Certaines familles lisent aussi les prières de bénédiction des malades. Si vous cherchez des textes, prenez ceux qui laissent de la place au silence. Ce que vous ne trouvez pas, dites-le avec vos propres mots. La prière ne dépend pas d'un formulaire, et le psaume reste là si vous perdez vos phrases.

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