La couronne de l'Avent à la maison

Vous voulez une couronne de l'Avent cette année, et vous n'êtes pas sûr de la manière. Rassurez-vous : il n'y a presque pas de règles, et celles qui existent sont simples. Un cercle de branches vertes, quatre bougies, quatre dimanches. Le reste, c'est du bon sens et un peu de silence. Même seul dans un appartement, cela tient debout.

La coutume vient d'Allemagne, du XVIe siècle. Elle est passée des maisons luthériennes aux maisons catholiques sans jamais devenir une obligation liturgique. C'est une dévotion domestique, pas un rite officiel. Vous pouvez donc l'adapter à votre logement, votre famille, votre solitude.

D'où vient ce cercle de sapin

On situe la couronne vers 1839 à Hambourg, chez le pasteur Johann Hinrich Wichern. Il dirigeait un orphelinat et faisait brûler chaque soir une bougie de plus sur un cercle de bois, pour aider les enfants à compter les jours jusqu'à Noël. Les bougies étaient nombreuses au départ, parfois vingt-quatre.

Le cercle s'est resserré à quatre bougies, une par dimanche, quand la coutume est entrée dans les foyers. Les catholiques allemands l'ont reprise au XIXe siècle, puis elle a gagné la France, l'Autriche, la Pologne. Les branches de sapin, toujours vertes, disent la vie qui ne s'éteint pas au milieu de l'hiver.

En Alsace et en Provence, le sapin et la crèche arrivent plus tard, souvent vers le 24 décembre. La couronne, elle, ouvre le temps : on l'allume le premier dimanche de l'Avent, et l'écart avec le sapin se voit dans les maisons. Ne vous pressez pas de tout installer le même jour.

Pourquoi quatre bougies, et pourquoi une rose

Quatre bougies, quatre dimanches. Chacune porte un mot que l'on répète volontiers : l'espérance, la paix, la joie, l'amour. Ce ne sont pas des étiquettes officielles, l'Église ne les a pas fixées, mais elles aident à entrer dans le temps. Vous pouvez les prendre telles quelles ou en choisir d'autres, l'important est de savoir ce que vous attendez.

Le troisième dimanche s'appelle Gaudete, du latin « réjouissez-vous ». C'est le dimanche rose, celui où l'on desserre un peu la pénitence. La bougie rose au milieu des violettes marque ce jour. Si vous n'en trouvez pas, une bougie plus claire fera l'affaire, personne ne viendra vérifier.

Trois bougies violettes, une rose. Le violet est la couleur du temps, celle de l'attente et de la conversion. Certaines années, on voit des couronnes bleues ou blanches : ce n'est pas faux, c'est seulement moins courant. Tenez-vous-en au violet si vous voulez rester dans la tradition la plus répandue.

Le matériel, sans se ruiner

Il faut un cercle. Branches de sapin, de houx, de thuya, vraies ou artificielles, peu importe. Un diamètre de 25 à 30 cm suffit pour quatre bougies. Les fleuristes en vendent dès la mi-novembre, souvent entre 15 et 30 euros. Une assiette plate et un peu de mousse humidifiée éviteront les traces de cire sur la table.

Quatre bougies, trois violettes et une rose, de 20 à 25 cm de haut, dans des supports stables. Les bougies fines brûlent trop vite, une par dimanche ne tiendra pas jusqu'au 24. Prévoyez des allumettes longues et un vase ou une coupelle pour les éteindre sans souffler dessus.

Placez la couronne sur une table, pas par terre. Loin des rideaux, jamais sous une étagère. On l'allume au début du repas du soir, ou au moment de la prière, et on l'éteint après. Une bougie laissée seule se consume en deux ou trois heures.

Faut-il la faire bénir, et par qui

La bénédiction n'est pas obligatoire, mais elle est belle et l'Église la prévoit. Le Rituel romain contient un texte pour la bénédiction de la couronne, souvent célébrée au début de la messe du premier dimanche de l'Avent. Si votre paroisse le fait, apportez la vôtre, ou faites-la bénir après la messe.

Chez vous, un prêtre ou un diacre peut venir bénir la couronne. Mais dans beaucoup de familles, c'est le chef de famille qui le fait, avec de l'eau bénite, le premier dimanche. Ce n'est pas un remplacement du prêtre, c'est le sacerdoce baptismal qui s'exerce à la maison. Un père ou une mère de famille peut tracer un signe de croix sur les branches.

Vous vivez seul ? Bénissez votre couronne vous-même, avec de l'eau bénite prise à l'église, en disant le signe de croix. Personne ne vous demandera de diplôme. L'essentiel est de le faire simplement, sans théâtre, et de laisser la couronne à sa place jusqu'à Noël.

Allumer, dimanche après dimanche

Le premier dimanche, on allume une seule bougie, la plus à gauche ou la plus proche de vous, et on la laisse brûler le temps de la prière. Le deuxième dimanche, deux bougies. Le troisième, les deux premières plus la rose. Le quatrième, les quatre. L'ordre n'a pas d'importance, mais gardez le même d'une année sur l'autre.

Choisissez une heure fixe : le dimanche soir avant le dîner, par exemple. Dix minutes suffisent. Lisez l'Évangile du jour, ou un psaume, puis un silence. Si vous êtes seul, dites la prière à voix haute : cela change tout, même dans une pièce vide.

Entre les dimanches, les bougies restent éteintes. On ne les rallume pas en semaine, sauf pour la prière du soir si vous le souhaitez. La couronne n'est pas une décoration de Noël : elle appartient à l'Avent, et elle s'arrête la veille de Noël.

Après Noël, que faire des branches

La couronne ne va pas sous le sapin. Le 24 au soir, on peut la retirer, ou la laisser jusqu'à l'Épiphanie, le 6 janvier, en remplaçant les bougies par une bougie blanche au centre. C'est une coutume répandue, sans obligation. En Alsace, on la range souvent quand la crèche s'installe.

Les branches vertes vont au compost ou dans le jardin. Les bougies consumées, à la poubelle. Le cercle métallique ou en osier se garde d'une année sur l'autre, rangé dans un sac au sec. Les bougies, elles, se rachètent chaque année, et c'est justement ce qui marque le temps.

Si vous avez prié seul chaque dimanche, gardez la couronne quelques jours après Noël avant de la défaire. Ce n'est pas de la superstition : c'est le temps qu'il faut pour comprendre ce qui vient de se passer pendant quatre semaines.

Les quatre prières du dimanche

Premier dimanche de l'Avent · Espérance

Isaïe 63,16b-17.19b ; 64,2b-7 et Marc 13,33-37

L'Avent s'ouvre sur une prière étrange. Israël ne demande pas de cadeaux. Il demande à Dieu de venir et de le trouver là où il est, c'est-à-dire dans un endroit dont il n'est pas fier. Veillez, dit l'Évangile, et veiller n'est pas rester immobile. C'est garder son attention fixée sur ce qu'on ne voit pas encore. Dans l'Écriture, l'espérance n'est pas une humeur. C'est la décision de continuer à regarder dans la bonne direction alors que rien ne bouge.

Seigneur Dieu, tu as promis de venir et nous attendons depuis longtemps.

Donne-nous la patience de ceux que tu attends toi aussi.

Là où nous n'espérons plus rien, viens nous surprendre.

Là où notre espérance s'est tue, rallume-la.

Par Jésus Christ, notre Seigneur. Amen.

Deuxième dimanche de l'Avent · Paix

Isaïe 40,1-5.9-11 et Marc 1,1-8

Une voix crie dans le désert: préparez le chemin. Tout ravin comblé, toute montagne abaissée, la route rendue droite. Ce n'est pas du rangement avant une visite. C'est un chantier de démolition. Le désert de ce texte, c'est l'état du terrain entre vous et les personnes que vous aimez. La paix arrive presque toujours après que quelqu'un a parcouru ce terrain le premier, et souvent ce quelqu'un doit être celui qui n'était pas en tort.

Seigneur, tu as promis que ce qui est tortueux serait redressé.

Montre-nous la route que nous avons laissée en morceaux.

Donne-nous l'humilité de parler le premier et la franchise de dire exactement ce que nous avons fait.

Là où la paix est impossible par nos propres forces, fais ce que toi seul peux faire.

Par Jésus Christ, notre Seigneur. Amen.

Troisième dimanche de l'Avent · Joie (Gaudete)

Isaïe 61,1-2a.10-11 et Jean 1,6-8.19-28

Gaudete veut dire réjouissez-vous, et ce dimanche l'Église casse le violet avec une bougie rose. La joie dont il est question ne dépend pas de la semaine qu'on a passée. Elle tient debout au-dessus de tout ce qui va mal. Jean Baptiste, qui vivait de sauterelles, est l'homme le plus heureux de l'évangile de Jean parce qu'il sait exactement qui il est et qui il n'est pas: je ne suis pas le Christ, je suis une voix. La moitié de notre malheur vient de répondre à des questions que personne ne nous a posées. La joie commence quand on cesse de passer une audition.

Seigneur, tu es la lumière que Jean est venu annoncer.

Apprends-nous à nous contenter d'être une voix et non la Parole.

Enlève-nous le besoin d'être vus et rends-nous la liberté d'être heureux.

Qu'il y ait dans nos maisons une joie qui ne dépende pas des nouvelles du jour.

Par Jésus Christ, notre Seigneur. Amen.

Quatrième dimanche de l'Avent · Amour

2 Samuel 7,1-5.8b-12.14a.16 et Luc 1,26-38

La quatrième semaine nous donne la réponse la plus courte et la plus grande de toute l'Écriture. On annonce à Marie ce qui va lui arriver, et on lui annonce ce que cela va lui coûter, c'est-à-dire tout ce qu'elle avait prévu. Sa réponse tient en quelques mots. Dans l'Évangile, l'amour n'est pas un sentiment qui arrive d'abord et rend l'obéissance facile. C'est un oui prononcé avant le sentiment; le sentiment vient après, dans les jours ordinaires des trente années suivantes.

Seigneur, tu as demandé à une jeune femme d'un village et elle a dit oui.

Donne-nous la même disponibilité sans les mêmes excuses.

Là où nous avons dit non par peur, redemande-nous.

Fais que notre amour ressemble davantage à une décision qu'à une humeur.

Par Jésus Christ, notre Seigneur. Amen.

(Cette prière est écrite par notre équipe, ce n'est pas un texte officiel de l'Église.)

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Questions fréquentes

Peut-on utiliser des bougies ordinaires ?

Oui. La couleur violette et la rose sont une tradition, pas une loi. Une bougie blanche fera l'affaire si vous n'avez rien d'autre sous la main. L'important est d'en allumer une de plus chaque dimanche et de tenir le rythme jusqu'au 24 décembre.

Faut-il absolument un prêtre pour bénir la couronne ?

Non. Le prêtre ou le diacre peut le faire, mais le chef de famille le peut aussi, avec de l'eau bénite, chez lui. L'Église prévoit cette bénédiction à la maison. Une personne seule peut bénir sa propre couronne en faisant le signe de croix sur les branches.

Quand allumer la première bougie ?

Le premier dimanche de l'Avent, au début de la messe ou le soir à la maison. Cette année, cela tombe le dimanche 1er décembre. Le mieux est de fixer une heure stable, par exemple 18 h avant le dîner, et de s'y tenir les quatre semaines.

Que faire si je suis seul chez moi ?

Faites exactement la même chose. Une bougie allumée, un texte lu à voix haute, un silence de deux minutes. La couronne n'exige pas d'assemblée. Beaucoup de personnes vivent l'Avent seules et prient ainsi, sans que cela se voie.

Peut-on laisser la couronne après Noël ?

Oui, jusqu'à l'Épiphanie, le 6 janvier. On peut alors remplacer les bougies par une blanche au centre. Passé cette date, rangez le cercle et jetez les branches au compost. En Alsace et en Provence, beaucoup la retirent dès la crèche installée.

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